- Blogue -

Le mélange des rôles...

Ce soir, j'pourrais écrire un roman.

J'avais commencé à écrire une publication sur la page FB de l'adjointe virtuelle, pis finalement, j'me suis rabattue à écrire ici, puisque j'ai le cœur gros, le cerveau en bouette et que j'ai trop des choses à dire...

Tsé, quand on se lance en affaire pour avoir une meilleure vie familiale, être plus zen dans le quotidien pis avoir un semblant de contrôle, bein j'ai l'impression que c’est souvent plus une utopie qu’autre chose.

Entoucas, dans mon cas, j’pense que ce l’est?! J'pense...

J’suis chanceuse, ma business roule comme jamais, j’ai des magnifiques clientes pour qui je défierais monstres et marées. Mais quand ta business roule comme jamais, le temps semble défiler 1000 fois plus vite. Je travaille en moyenne 60 heures par semaine, minimum. Peut-être que je me plains le ventre plein, mais à chacune ses batailles.

J’suis chanceuse parce que je peux prendre congé quand bon me semble, je peux aller prendre un café avec une amie un mardi à 10 h sans avoir à justifier quoi que ce soit à qui que ce soit, j'peux même parfois faire une sieste au milieu de la journée (CHU WIIIIIIILD).

En fait, ça n’a rien avoir avec le fait d’être chanceuse. Je ne suis pas « chanceuse ». Tout ce qui m’arrive, c’est grâce au magnifique travail que j’effectue, tant dans ma business que pour ma famille. #selflove #chubellechubonnechucapable

Bref.

Derrière ma conciliation travail/famille, y a de la planification.

Mais.

Oui, un « mais ».

Derrière cette planification, y a souvent de la culpabilité…

Depuis le 2 mars dernier, j’étais en congé avec les enfants pour la relâche. Ma business était sur pause pour 8 jours. Le retour était prévu pour demain.

Mais v’là-tu-pas qu’Oli, petite loulou de presque quatre ans, se claque une sévère pneumonie accompagnée de détresses respiratoires. La troisième en quelques mois à peine. C’est ainsi qu’à 23 h 45 samedi soir, j’ai packté ma fille en vitesse pour me garocher à l’urgence où elle a tout de suite été prise en charge. Ils ne niaisent pas avec ça un bébé qui respire presque pu. Elle a pu quitter les soins intensifs ce matin à 7 h, après une courte mais folle hospitalisation. Elle va bien maintenant, même si je dois faire la lutte gréco-romaine avec elle pour lui faire prendre ses 683 médicaments/pompes.

Tout ça nous apporte à là, là, maintenant. Parce que j’ai aussi une business à faire rouler. Ma journée de lundi était bookée de A à Z. J’avais 6 000 affaires de planifiées pour plusieurs clientes différentes. Mais demain, j’ai une chatonne malade à la maison qui doit avoir des suivis médicaux en journée.

Tsé, la conciliation travail/famille là… HAHAHAHAHAHA (ouin).

Je SAIS que mes clientes sont compréhensives et que JAMAIS l’une d’elle ne m’en voudrait de fermer la shop pour prendre soin de ma famille, mais moi, j’me sens mal. Pis je me sens mal auprès de ma famille de travailler dans des situations semblables. #allolecerclevicieux

Cette crisse de culpabilité-là.

Si on pouvait en mourir, f’rait longtemps que j’serais au ciel !

Donc comment on fait pour conjuguer tout ça ? On travaille le dimanche, après 36 heures sans sommeil. Mais ma job, je l’aime. Ces moments où j’ai travaillé en déchaînée aujourd’hui, ils m’ont fait du bien. J’ai pu penser à d’autres choses que ma fille qui respirait à peine. J’ai pu m’accomplir en tant que femme d’affaires, mais aussi en tant que bras droit de plusieurs autres entrepreneures. J’ai pu prendre du temps pour souffler, même si c’était devant un écran à gagner ma vie.

Ce soir, nous étions tous les quatre assis sur le sofa à regarder un film pis j'ai eu le motton. Le motton en contemplant mon mari sur qui je peux toujours compter et qui est si extraordinaire -malgré que je doive lui répéter 42 fois par semaine que les poubelles, c’est le vendredi. Le motton en observant la beauté émotionnelle de notre couple et de tout l’amour qui règne dans notre maison. Le motton en voyant mes filles qui se chicanaient, mais qui dans le fond, s’aiment passionnément.

Donc lundi, le bureau est fermé au ¾. Mais il sera ouvert en soirée lorsque tout le monde ronflera. C’est aussi ça, faire de son mieux.

**Une mention spéciale à :

  • Les mamans d’enfants gravement malades. Je lève ma crown à ces magnifiques femmes/mamans qui font un boulot plus qu’extraordinaire, en gardant leur sang-froid devant leur kid, mais en s’effondrant parfois lorsqu’elles sont seules. T’es hot, la mère.

  • Mon amie Karine, qui est venue me donner un café XL à 5h du mat à l’hôpital.

J’suis bien entourée pareil…