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Maladies mentales et entrepreneuriat : comment y survivre sans y laisser sa peau

 

 

On dirait qu’être travailleure autonome c’est tendance et ce qui est tendance semble souvent être une avenue facile, mais j'te jure que ce n'est pas le cas. C'est un chemin extraordinaire, qui nous fait ouvrir les yeux sur un monde absolument fantastique, mais un chemin facile? Jamais.

C'est peut sembler très cool être à son compte : on choisit nos horaires et on peut installer notre bureau un peu n'importe où dans le monde. Mais quand on souffre de troubles mentaux, même les plus belles destinations et les plus grands projets peuvent être assombries par des nuages gris foncés.

 

Parce que la maladie mentale n'aime pas quand on lui fait accroire que tout va bien. Elle sait pertinemment qu'elle se crisse les pieds dans les plats si elle ose prétendre ne pas exister. Elle est pas conne, la maladie mentale. On a beau espérer qu’elle nous oublie une fois de temps en temps, mais elle est sournoise pis plus souvent qu’à son tour, elle nous rend visite quand on s’en attends le moins.
 

 

Le quotidien du travail autonome et souffrir dans l’âme : une autre game

 

En général, être entrepreneure, c'est se lever le matin avec la tête qui bouillonnent d'idées pour sa business, c'est vouloir mettre sur pieds ces beaux projets pendant toute la journée et c'est aussi se réveiller à 2h du mat avec le besoin d'écrire pour se vider le cerveau. Être entrepreneure et souffrir de troubles mentaux, c’est une autre game... c'est souvent avoir le sentiment d'autosabotter son succès, de se battre contre soi-même, d'être vulnérable devant des gens qui te font confiance avec LEUR business.

 

Quand on parle d’autosabottage, ça va plus loin que de douter de tes compétences professionnelles. C’est plutôt douter de ta capacité à être un humain fonctionnel, de ta crédibilité en tant que femme entrepreneure, de mère, d’épouse, d’amie et parfois même, de ta présence sur terre en général.

Parce qu'on va se le dire, ça peut passer inaperçu si tu souffres par en dedans, mais que tu ne nommes pas ces maux, afin d’être transparente comme le vent avec ce que tu vis dans ta tête. Parce que tu te dis : "Plus j'en parle, plus je vais aider ceux qui n'osent pas en parler et plus on comprendra la personne que je suis réellement." Mais est-ce un couteau à double tranchant que d'être si authentique? Est-ce que ça peut nuire à une business? Bien entendu que oui...

 

Fak elle est où la ligne? Certains diront que le perso ne doit pas se mêler dans le pro et vice-versa, mais quand tu diriges une entreprise qui prône le “vrai”, se coller un sourire au visage quand t’as juste envie de disparaître, c’est tout sauf naturel. Lorsqu'on est notre propre boss, c'est difficile de caller malade, surtout quand on souffre de maladies mentales. Dire à tes clients "Scuse, je dois annuler notre appel, j'ai l'impression que chu en train de mourir", ça part mal une relation d'affaires, c'est pour ça que c'est plus facile de blâmer le p'tit qui a attrapé une 72e gastro...  


Faut pas oublier que si tu ne travailles pas, y a pas de cash qui entre et que si t'as pas d'épargne, de conjoint avec "une vraie job" ou un oncle riche Nigérien sur son lit de mort prêt à te léguer tous ses biens, c'est toute ta business qui va en souffrir. Business pour laquelle tu travailles probablement jour et nuit, mais pour laquelle tu n'as pourtant pas l'impression de travailler. Parce que t'es passionnée, tsé...

 

 

Pis le futur de ta business là-dedans?

 

Quand on souffre dans l'âme, y a des journées où c'est primordial de s'arrêter et de faire le point sur d'où on vient, où on est en ce moment et où on s'en va. Il faut remettre ses pendules à l'heure constamment dans le but de s'écouter le plus possible et de ne pas foutre en l'air les milliers d'heures investies à bâtir un empire, aussi petit soit il. C'est aussi tenter de ne pas se projeter trop loin dans le futur, par peur de ne pas y survivre, et ce, malgré les centaines de bonnes idées. C’est avoir des mégas rêves pleins la tête une journée et c’est de se trouver complètement nulle le lendemain.  Mais qu'est-ce qu'une entreprise florissante, si on ne lui donne pas sa chance de grandir au gré du temps? Qu'en est-il d'avancer à petits pas les yeux bandés en se disant que la vie saura nous éclairer éventuellement? À tenir à bout de bras tant de passions, on s'essouffle plus vite que les gens “normaux”.

 

Quand tes troubles mentaux t’enlèvent le goût de faire ce qui te passionne le plus au monde, c’est là qu’on se rend compte à quel point ça peut être handicapant.

 

 

La peur prend le dessus : quand je vais revenir en force, est-ce qu’on m’aura oublié? Aurais-je encore ma place dans une industrie où la compétition est féroce?

 

 

Choisir avec qui l'on veut travailler

 

La maladie mentale requiert beaucoup de douceur et en entrepreneuriat, la douceur n'a pas souvent sa place dans les eaux infestées de requins. C'est pourquoi il est essentiel de s'entourer de beau, de vrai et de bon afin de se sentir comprise, supportée et appréciée.

 

Parce que oui, on peut sembler fort de l’extérieur, on peut se faire traiter de “t’es une superwoman”, de “t’es mon idole” ou de “t’es tellement inspirante”, il reste que la fragilité et la vulnérabilité qui t’habitent quand tu sens que le monde peut s’écrouler à tout moment, c’est vraiment, mais vraiment difficile à vivre au quotidien.

 

Souffrir de maladies mentales, c'est de faire des erreurs de débutants quand habituellement, tu peux faire ta job les deux doigts dans le nez PIS les yeux fermés. Faire des erreurs d'inattention, ça ne date pas d'hier pour ma part et ça ne se résume pas à mon profil d'entrepreneure… c’est de conduire pendant 10 km en char en ne me souvenant pas du chemin parcouru, c'est prendre une deuxième dose de médicaments en ayant oublié d'avoir pris la première, c'est de quitter la maison avec un chaudron d'eau bouillante sur la cuisinière sans en avoir connaissance. Toutes ces actions sont dangereuses, mais elles sont toutes faites inconsciemment, parce que mon cerveau shut down pour se mettre en phase “protection”. Il s’agit ici d’un bel exemple des troubles de dépersonnalisation et de déréalisation. Comme si ma tête était à côté de mon corps, comme si ce n’était plus moi qui dirigeait mes actions.

 

Dans un cadre professionnel, les erreurs peuvent avoir des incidents majeurs sur la business de mes clients. De plus, n‘oublions pas que c'est mon nom et tout ce que j'ai bâti qui est en jeu si les erreurs se multiplient trop fréquemment.

 

C’est donc un réel privilège que de pouvoir choisir mes clients(es). Dans un monde où l’entreprenariat féminin est en pleine expansion et où les troubles mentaux sont de moins en moins tabous, être comprise par ceux qui mettent du pain sur ma table, c’est primordial. Je ne compte plus les tapes dans le dos que je reçois et je remercie mon ciel à tous les jours d’avoir de si magnifiques femmes dans mon cercle professionnel.

 

T'as mal à l'âme? Tu n'es pas seule.
 

Voici quelques trucs pour t'aider à survivre...

  • Plein air

  • Activités physiques

  • Activités reposantes et créatives : jardinage, cuisine, dessin, musique, lecture, photo, chant

  • Sommeil (toujours viser le minimum de 8h par nuit)

  • Méditation pleine conscience

  • Respiration

  • Acupuncture

  • Yoga

  • Ne pas s’isoler : planifier des séances de coworking, aller travailler dans un café, participer à des conférences, du réseautage…

  • Retraite silencieuse

  • Cohérence cardiaque

  • Aromathérapie

  • Lithothérapie

  • Massothérapie

  • Hypnothérapie

  • S’entourer de beau, de positif, de gens bons

  • Diminuer la caféine, l’alcool et les drogues

  • To-do lists

  • Groupe d’entraide

  • Transparence et authenticité

  • S’écouter et accepter ses limitations

  • Psychothérapie

  • Huile de CBD sans THC

  • Médicaments

 

 

1 866 APPELLE (277-3553)

 

 

 

 

 

 

 

 

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